Comment devenir pilote d'hélicoptère militaire (ALAT) ? | PiloteReady
Guide complet pour devenir pilote d'hélicoptère à l'ALAT : conditions, épreuves de sélection à Tours, simulateur SCM, formation à Dax et Le Luc, spécialités et carrière.

L'Aviation Légère de l'Armée de Terre (ALAT) est la composante aérienne de l'Armée de Terre française. Avec la flotte d'hélicoptères militaires la plus importante et la plus diversifiée des armées françaises, l'ALAT assure des missions d'aérocombat au plus près des forces terrestres : appui-feu, reconnaissance, héliportage de troupes, évacuation sanitaire et opérations spéciales. Si vous rêvez de devenir pilote d'hélicoptère militaire, ce guide détaille l'intégralité du parcours, des conditions de candidature à l'affectation en régiment.
L'ALAT : une composante aérienne au service du combat terrestre
Créée en 1954, l'ALAT est une arme à part entière de l'Armée de Terre. Elle emploie environ 5 000 militaires et opère depuis plusieurs bases réparties sur le territoire national. Son rôle est d'apporter un appui aérien direct aux unités terrestres engagées en opérations, que ce soit sur le territoire national ou sur les théâtres d'opérations extérieures. L'ALAT se distingue des autres composantes aériennes militaires (Armée de l'Air et de l'Espace, Aéronautique navale) par sa vocation exclusivement tournée vers le combat terrestre et la proximité avec les troupes au sol.
La flotte de l'ALAT comprend plusieurs types d'hélicoptères, chacun adapté à des missions spécifiques. Le Tigre HAD est l'hélicoptère d'attaque principal, employé pour l'appui-feu et la destruction de blindés. Le NH90 Caïman assure les missions de transport tactique et de manœuvre avec une capacité d'emport importante. Le Cougar et le Puma sont des hélicoptères de transport polyvalents, progressivement remplacés par le NH90. Le Fennec est utilisé pour la reconnaissance et les liaisons. À l'horizon 2028-2030, le H160M Guépard viendra moderniser la flotte en remplaçant plusieurs types d'appareils vieillissants.
Les conditions pour postuler
Pour intégrer l'ALAT en tant que pilote, vous devez remplir plusieurs conditions. Il faut être de nationalité française, être âgé de 18 à 32 ans au moment du dépôt de candidature, être titulaire du baccalauréat (toutes filières confondues) et avoir effectué sa Journée Défense et Citoyenneté (JDC). Il n'y a pas de condition de diplôme supérieur au bac, ce qui ouvre cette voie à des profils variés. En revanche, vous devez être déclaré apte médicalement selon les normes SIGYCOP, qui sont particulièrement exigeantes pour les postes de personnel navigant.
Point important : vous disposez de deux tentatives pour réussir les sélections ALAT, espacées d'un minimum de deux ans. Il est donc possible de se représenter en cas d'échec à la première tentative, à condition de rester dans les limites d'âge.
Le processus de sélection en deux phases
La sélection pour devenir pilote ALAT se déroule en deux grandes phases : la présélection au CSO puis la semaine de sélection spécifique à Tours. Chaque phase est éliminatoire.
Phase 1 : la présélection au CSO
La première étape est le passage au Centre de Sélection et d'Orientation (CSO). Cette phase vise à établir votre profil médical, physique et psychologique de base. Vous y passez un bilan médical complet aux normes SIGYCOP, des tests psychotechniques (logique, raisonnement, personnalité), un test d'anglais et des épreuves sportives.
Les épreuves sportives comprennent le test de Luc Léger (course navette de 20 mètres avec paliers progressifs), les tractions à la barre fixe pour les hommes (ou tirage de poulie haute pour les femmes) et l'épreuve du Killy — la position de la chaise, dos au mur, jambes à 90°, pieds joints, bras croisés avec les mains sur les épaules, à tenir le plus longtemps possible. L'objectif est de dépasser 4 minutes 20 secondes pour obtenir un bon classement. Le sport pèse dans le classement final, il ne faut donc pas négliger cette préparation.
Phase 2 : la semaine de sélection à Tours
Les candidats retenus après le CSO sont convoqués au SECMA (Section d'Évaluation des Candidats aux Métiers de l'Aérocombat) situé à Tours. C'est lors de cette semaine que se jouent véritablement les sélections. Les épreuves sont spécifiques au métier de pilote d'hélicoptère et évaluent votre potentiel de pilotage, votre culture aéronautique et votre personnalité.
Test des différences
Cette épreuve consiste à comparer deux listes de schémas d'hélicoptères et à identifier ceux qui présentent des différences. Vous disposez de 10 minutes pour traiter 13 questions. Elle évalue votre attention aux détails et votre rapidité d'analyse visuelle, deux qualités essentielles pour un pilote.
Test de mémoire
On vous présente des figures géométriques associées à des noms. Après un temps d'observation, les associations sont masquées et vous devez les retrouver de mémoire. Ce test évalue votre capacité de mémorisation à court terme, indispensable dans un cockpit où il faut retenir de nombreuses informations simultanément.
QCM de culture aéronautique
Un questionnaire de 40 questions en 15 minutes portant sur l'ALAT, ses missions, ses hélicoptères, et l'aéronautique en général. Ce QCM inclut également une épreuve de reconnaissance d'aéronefs : 30 appareils à identifier à partir de photos en 15 minutes. Pour vous préparer, il est indispensable de connaître la flotte de l'ALAT (Tigre, NH90 Caïman, Cougar, Puma, Fennec, Gazelle), les principaux régiments d'hélicoptères de combat (1er RHC de Phalsbourg, 3e RHC d'Étain, 5e RHC de Pau), les missions de l'ALAT et les bases de l'aérodynamique appliquée aux voilures tournantes.
L'épreuve du simulateur SCM
Le simulateur SCM (Simulateur de Coordination de Mouvements) est l'épreuve la plus déterminante de la sélection ALAT. C'est celle qui élimine le plus de candidats et dont les résultats pèsent le plus lourd en commission. Le SCM évalue votre coordination psychomotrice et votre capacité à gérer plusieurs tâches simultanément — la fameuse dissociation d'attention, compétence fondamentale du pilotage d'hélicoptère.
L'épreuve se déroule sur deux jours. Le premier jour, après une phase de prise en main de 3 minutes pour se familiariser avec les commandes, vous enchaînez 3 phases de test de 3 minutes chacune. La tâche principale consiste à remettre des indicateurs dans leur position initiale chaque fois que le simulateur les déplace, toutes les 2 secondes. Le deuxième jour, la difficulté augmente considérablement : deux nouvelles tâches viennent s'ajouter. Un casque diffuse un bruit de fond ponctué de sons aigus ou graves, et vous devez réagir le plus rapidement possible en actionnant les commandes correspondantes, tout en continuant les tâches de pilotage. Le SCM est réputé être l'épreuve de simulateur la plus exigeante parmi les trois sélections de pilote militaire (EOPN, EOPAN, ALAT).
L'entretien psychologique
En fin de semaine, un entretien individuel avec un psychologue spécialiste de l'ALAT évalue votre personnalité, vos motivations et votre compatibilité avec le métier de pilote d'hélicoptère de combat. Cet entretien s'appuie sur les résultats des questionnaires de personnalité passés en amont et sur votre lettre de motivation. Le psychologue cherche à vérifier votre maturité, votre capacité à travailler en équipe, votre gestion du stress et la solidité de votre projet professionnel.
La formation : de Saint-Cyr à l'escadrille
Une fois admis, le parcours de formation s'étend sur environ trois à quatre ans avant d'être pleinement opérationnel en régiment.
Formation militaire initiale à Saint-Cyr Coëtquidan
Tout commence par cinq mois de formation militaire initiale (FMI) à l'académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, en Bretagne. Cette phase vous enseigne les fondamentaux du métier d'officier : commandement, tactique, vie en campagne, tir, topographie. Vous percevez une solde dès le premier jour de formation. Cette étape est commune à tous les futurs officiers de l'Armée de Terre et forge l'esprit militaire indispensable à la suite du parcours.
Formation initiale de pilotage à Dax (EALAT)
La formation aéronautique débute à l'École de l'Aviation Légère de l'Armée de Terre (EALAT) de Dax, dans les Landes. C'est ici que vous effectuez vos premières heures de vol sur EC120 Colibri, un hélicoptère-école moderne exploité en partenariat avec la société Hélidax. La formation comprend environ 550 heures de cours théoriques et 120 heures de vol minimum, dont une dizaine d'heures en solo. Vous apprenez les bases du pilotage d'hélicoptère : décollage, vol stationnaire, transitions, navigation, exercices d'urgence (pannes moteur simulées, autorotation). Le passage à Dax s'étale sur 18 à 24 mois environ. Des heures de simulation sur simulateur viennent compléter les vols réels.
Spécialisation au Luc-en-Provence
Après Dax, la formation se poursuit à l'EALAT du Cannet-des-Maures (Le Luc-en-Provence), dans le Var, pour une période d'environ 24 mois. C'est ici que vous vous spécialisez sur votre type d'appareil de destination. Vous approfondissez le vol tactique, le vol de nuit sous jumelles de vision nocturne (JVN), le vol en formation, le vol en terrain accidenté et les procédures opérationnelles spécifiques à votre future machine. Le choix de l'appareil et du régiment d'affectation intervient en fin de formation, en fonction de votre classement et des besoins de l'ALAT.
Les spécialités et régiments
À l'issue de la formation, vous êtes affecté dans un régiment d'hélicoptères de combat (RHC) sur l'un des types d'appareils de la flotte. Trois grandes filières s'offrent à vous.
Appui-destruction (Tigre HAD)
La filière hélicoptère d'attaque vous mène aux commandes du Tigre HAD, un appareil biplace conçu pour l'appui-feu direct, la destruction de blindés et l'escorte armée de convois. C'est une spécialité exigeante qui demande une excellente maîtrise du vol tactique à basse altitude et de nuit. Les pilotes Tigre sont régulièrement déployés en opérations extérieures.
Manœuvre et transport (NH90 Caïman, Cougar, Puma)
Cette filière concerne les hélicoptères de transport et de manœuvre. Vous pilotez des appareils capables de projeter des troupes et du matériel sur le terrain : le NH90 Caïman (qui remplace progressivement le Puma et le Cougar), le Cougar ou le Puma. Les missions incluent l'héliportage, le ravitaillement logistique, l'évacuation sanitaire et les opérations d'assaut aérien. Le vol en formation serrée, de jour comme de nuit, fait partie du quotidien.
Forces spéciales (4e RHFS)
Le 4e Régiment d'Hélicoptères des Forces Spéciales (4e RHFS), basé à Pau, est l'unité d'élite de l'ALAT. Ses pilotes opèrent au profit du Commandement des Opérations Spéciales (COS) pour des missions d'infiltration, d'exfiltration et d'appui aux forces spéciales. L'accès au 4e RHFS nécessite plusieurs années d'expérience en régiment classique et la réussite d'une sélection supplémentaire très sélective.
Carrière et rémunération
Le pilote d'hélicoptère de l'ALAT est un officier sous contrat (OSC/P). Après obtention du brevet, il signe un contrat d'engagement de 10 ans. La rémunération de départ est d'environ 1 725 euros net par mois à l'affectation en régiment, à laquelle s'ajoutent les primes de vol et les indemnités liées aux opérations extérieures. L'évolution de carrière passe par les fonctions de pilote de combat, chef de bord, chef de patrouille, moniteur en école, puis commandant d'escadrille. Les officiers les plus méritants peuvent accéder au commandement d'une unité.
Au-delà de la carrière militaire, l'expérience acquise à l'ALAT est très valorisée dans le civil. De nombreux anciens pilotes ALAT poursuivent leur carrière dans le secteur civil : compagnies d'hélicoptères, sécurité civile, transport offshore ou travail aérien.
Conseils pour maximiser vos chances
La préparation est la clé de la réussite aux sélections ALAT. Sur le plan physique, visez un palier élevé au Luc Léger (au moins 10-11), un maximum de tractions et entraînez-vous spécifiquement à l'épreuve du Killy. Sur le plan cognitif, travaillez votre culture aéronautique sur l'ALAT, la reconnaissance d'aéronefs et les tests psychotechniques. Pour le simulateur SCM, exercez-vous à la coordination bimanuelle et à la dissociation d'attention avec des exercices de multitâche. Enfin, soignez votre lettre de motivation et préparez minutieusement votre entretien psychologique : montrez que vous connaissez l'ALAT en profondeur, que votre projet est mûrement réfléchi et que vous avez les qualités humaines d'un futur officier.
Pour vous préparer efficacement à toutes les épreuves de sélection ALAT, PiloteReady propose un programme d'entraînement complet : exercices de coordination psychomotrice, QCM de culture aéronautique, fiches de reconnaissance d'aéronefs et conseils de candidats admis. Rendez-vous sur app.piloteready.fr pour commencer votre préparation.
FAQ : Devenir pilote d'hélicoptère ALAT
Quel âge faut-il avoir pour passer les sélections ALAT ?
Vous devez être âgé de 18 à 32 ans au moment du dépôt de votre candidature. Il n'y a pas de limite d'âge inférieure en dehors de la majorité légale.
Faut-il un diplôme supérieur au bac pour postuler ?
Non, le baccalauréat suffit, toutes filières confondues. L'ALAT ne fait pas de distinction entre un candidat titulaire uniquement du bac et un candidat ayant poursuivi des études supérieures. Ce qui compte est votre potentiel évalué lors des sélections.
Combien de fois peut-on tenter les sélections ALAT ?
Vous disposez de deux tentatives, espacées de deux ans minimum. Il est donc possible de se représenter une fois en cas d'échec, à condition de rester dans les limites d'âge.
Le simulateur SCM est-il vraiment l'épreuve la plus difficile ?
Oui, le SCM est considéré comme l'épreuve la plus sélective et la plus exigeante des sélections ALAT. C'est l'épreuve qui élimine le plus de candidats et dont les résultats pèsent le plus en commission d'intégration. Il est également réputé plus difficile que le SECPIL (EOPN) et le SEPIA (EOPAN).
Quelle est la durée totale de la formation après la sélection ?
La formation complète dure environ trois à quatre ans : cinq mois de formation militaire à Saint-Cyr Coëtquidan, 18 à 24 mois de formation initiale de pilotage à Dax, puis environ 24 mois de spécialisation au Luc-en-Provence. Vous percevez une solde tout au long de cette formation.
Peut-on choisir son hélicoptère et son régiment ?
Le choix de l'appareil et du régiment se fait en fin de formation, en fonction de votre classement et des places ouvertes par l'ALAT sur chaque type d'hélicoptère. Les mieux classés ont davantage de choix, d'où l'intérêt de s'investir pleinement tout au long de la formation.
Quel est le salaire d'un pilote ALAT débutant ?
La rémunération à l'affectation en régiment est d'environ 1 725 euros net par mois. Ce montant évolue avec l'ancienneté, le grade et les responsabilités. Les primes de vol et les indemnités d'opérations extérieures viennent compléter cette solde de base.
Peut-on se reconvertir dans le civil après l'ALAT ?
Oui, les pilotes ALAT sont très recherchés dans le civil après leur contrat militaire. Les compétences acquises (pilotage, gestion de crise, leadership) sont valorisées dans la sécurité civile, le transport offshore, le travail aérien et les compagnies d'hélicoptères civiles.

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